Biographie

Il faut me fier aux choses ressenties et non aux choses vues. … Paisiblement… jour après jour. Même si le temps presse (à cause de l’âge) il faut se consacrer jour après jour à l’élaboration patiente d’une œuvre, de l’ŒUVRE. Les intentions sont bonnes, leur mise en pratique exigent une concentration continue, puisse le ciel m’aider dans cette tâche.“

Peintre et sculpteur fribourgeois formé à Paris, Bernard Schorderet s’est illustré en particulier dans l’art sacré abstrait, signant des vitraux pour des églises de Suisse romande.

Né le 1er novembre en 1918 à Fribourg, il a obtenu son diplôme de dessinateur d’arts graphiques, puis celui de maître de dessin. En 1950, il reçoit sa première commande pour des vitraux destinés à l’église de Barberêche (FR). Suivront d’autres ensembles de vitraux pour des édifices religieux fribourgeois, vaudois ou jurassien.

Il est l’auteur de fresques, mosaïques, tapisseries, lithographies mais également d’un timbre-poste. Sculpteur, il a aménagé des espaces publics, dont la Place de Granit à Lausanne, réalisée pour l’Exposition nationale de 1964.

Il s’est éteint le 7 juillet 2011 à Fribourg, à l’âge de 92 ans.

 
 

 

 

1918

Naissance

Le 1er novembre 1918, naissance de Marie-Bernard-Émile Schorderet à Tory (Fribourg). Avant-dernier d’une fratrie de sept enfants, il grandit dans la campagne fribourgeoise. Son père, Auguste, est professeur au gymnase, écrivain et auteur de théâtre. Cette immersion précoce dans la nature marquera durablement son œuvre.

1934-1942

Première formation

Bernard entame ses études au Technicum de Fribourg en 1934. Celles-ci, interrompues par la guerre, ne s’achèvent qu’en 1942 par l’obtention de son diplôme de dessinateur en arts graphiques. Dès 1938, il remporte le concours de l’affiche pour la 9e Foire aux Provisions de Fribourg.

1939-1945

La guerre

Mobilisé dans le Régiment d’infanterie de montagne 7, il illustre le périodique Noir sur Blanc de Roger Nordmann et réalise des affiches pour des chorales militaires dirigées par Pierre Kaelin. Après des stages en animation (Berne, Renens, Lausanne) et en publicité, il s’engage comme volontaire à la Croix-Rouge suisse, où il décore une chapelle, une façade et les dortoirs d’un home pour enfants.

1946-1950

Paris

Il s’installe à Paris et intègre l’École des Beaux-Arts (atelier de N. P. Untersteller), fréquentant également l’Académie André Lhote et le Centre d’art sacré. Dès lors, il partage son activité entre la capitale française et Fribourg.

1950

Début de carrière

De retour à Fribourg, il occupe l’atelier construit par son oncle Xavier Schorderet pour son fils Henri, rue des Épouses. Sa pratique se diversifie : peinture, vitraux (principalement religieux), art graphique, décorations murales et aménagements d’espaces publics.

1951

Vie familiale

Il épouse Jacqueline Brix, d’origine française. De cette union naît une fille, Marie-Luce Schorderet.

1957

Cottens

Réalisation de vitraux pour l’église de Cottens, Fribourg (les dernières en 1990).

1960–1968

Bonnefontaine

Réalisation des vitraux pour le chœur, le baptistère et la nef de l’église de Bonnefontaine (Fribourg).

1960

SPSAS

Affiliation à la SPSAS (Société des peintres, sculpteurs et architectes suisses).

1964

Exposition nationale et Place de Granit

Désigné plasticien et conseiller pour le secteur « Terre et forêt » de l’Exposition nationale à Lausanne, il y réalise la Place de granit à Vidy.

1964

Tournant tunisien

Un voyage en Tunisie marque un tournant décisif. Séduit par la lumière et la géographie locales, son style évolue d’une approche géométrique vers une abstraction lyrique, plaçant l’étude de la lumière et de l’impression au cœur de son travail.

1974

Reconnaissance

Lauréat du Prix de peinture Arts et Lettres, il expose deux œuvres retenues par le jury au musée Jenisch de Vevey : Hautes Terres et Nature morte. Une exposition retrospective est organisée au musée d’art de Fribourg. La même année, il établit un atelier près d’Uzès (sud de la France), où il résidera par intermittence, trouvant dans la nature locale une source d’inspiration majeure.

1979–1981

Saint-Rédempteur

Réalisation de 17 vitraux pour l’église du Saint-Rédempteur à Lausanne, ainsi que de l’autel et du tabernacle pour le Carmel de Flavignerot (Dijon, France).

1983–1999

Déménagement et dernière grande période d’activité de l’artiste

Il emménage dans l’atelier de la Bourgeoisie de Fribourg, rue des Alpes 14. Il y achève les vitraux de l’église de Givisiez (ajoutant aux œuvres de 1952 et 1962), livrant un ensemble complet : 4 verrières dans la nef, 2 dans le chœur, 2 à l’entrée et 9 sur la tribune.

2011

Disparition

Bernard Schorderet s’éteint le 7 juillet 2011 à Fribourg, à l’âge de 92 ans, entouré de sa famille.